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Le 21 octobre 2016, Soprano sortait son cinquième album solo L’Everest. Les enjeux commerciaux de cette sortie sont d’autant plus importants pour le marseillais que son précédent album Cosmopolitanie finit par être certifié disque de diamant quelques mois plus tard, le 1e décembre. En première semaine, L’Everest score 32.770 ventes fusionnées, dont 78% (25.697) exemplaires physiques et 9% (3.023) téléchargements. C’est un score légèrement plus élevé que celui de Cosmopolitanie (26.315), même en excluant le streaming de l’addition. Le pari est d’autant plus réussi que L’Everest est bien parti pour dépasser le million d’exemplaires vendus… Deux ans plus tard, Soprano est de retour avec Phoenix, un projet de 16 titres sorti chez Rec. 118, division urbaine du label Parlophone France (Warner). En première semaine, ce sixième album ne se contente pas de réaliser un démarrage plus important en ventes fusionnées (43.718 contre 32.770, soit une augmentation de 25%) puisque ses ventes réelles ont également progressé en quantité (39.417 contre 28.720, soit une augmentation de 27%) et en proportion (90% contre 78% du total de chaque album). Le pilier de la croissance commerciale de Soprano est donc bel et bien le format physique, là où les téléchargements ont légèrement baissé d’un album à l’autre (3.023 contre 2.252, soit une chute de 26%) et où les équivalents streaming n’ont quasiment pas évolué (4.050 contre 4.301, soit une augmentation de 6%). En comparaison, la répartition moyenne des modes de consommation des albums urbains du Top 200 est passée de 5% en téléchargement et 22% en physique au premier semestre 2017 à 3% en téléchargement et 17% en physique au premier semestre 2018. Plus encore que cette de Maître Gims (61% de ventes réelles pour Ceinture Noire en première semaine), la structure des ventes de Soprano est à l’opposé exact de celles des nouvelles générations de rappeurs. Difficile pour autant de lui ôter l’étiquette d’artiste urbain tant Phoenix colle encore aux codes du genre, des collaborations (Niska, Soolking, l’italien Ghali et l’incontournable Vincenzo) aux productions (L’Algérino, Djaresma) en passant par la construction de l’album et ses visuels. C’est justement ce décalage entre la musicalité encore urbaine de Soprano et son public qui explique le succès timide d’un Zoom pourtant très efficace…

➡ Les certifications d’albums et premières semaines

Aya Nakamura se classe en quatrième position de Top 200 France, entre les albums de Muse et d’Imagine Dragon. Une position avantageuse, puisque son projet Nakamura est certifié disque d’or en moins de deux semaines ! En comparaison, son précédent projet Journal Intime avait obtenu la même certification en l’espace de deux mois… Au-delà de ce signe du gain de popularité formidable dont a bénéficié la chanteuse, on peut s’étonner de  l’évolution de la structure de ses ventes en deuxième semaine. On constate d’emblée une chute des téléchargements, passés en l’espace de sept jours de 1.434 à 398, qui se traduit par un recul de leur part dans les ventes globales de 5% à 2%. Les ventes physiques sont restées très stables dans le même laps de temps et ont compensé le trou des téléchargement dans le total des ventes réelles, de sorte que le streaming n’a progressé que d’1,5%. Une performance remarquable quand on constate souvent en urbain un regain du streaming dès la deuxième semaine d’exploitation…

A sa sortie, Adieu Bientôt de Columbine s’était classé en première position du top urbain et en deuxième place du Top 200 France derrière Mylène Farmer. Un succès qui posait la question d’une part de l’exploitation sur la durée de l’album, et d’autre part de la longévité du succès du groupe rennais : « Columbine impressionne non-seulement par sa position dans le Top Ventes, mais aussi par la structure de son score avec 45,8% de ventes physiques et digitales, là où la proportion moyenne du streaming avoisine les 80% pour les musiques urbaines. Ce fort taux d’engagement se trouve d’ailleurs concrétisé par une tournée dans 35 villes incluant deux passages à l’Olympia et un au Zénith de Paris en début d’année, mais aussi par le succès inédit de leurs lignes de vêtements. » En tout et pour tout, il n’aura fallu que 50 jours à Columbine pour faire certifier ce nouveau projet disque d’or, contre huit mois pour Enfants Terribles. A noter qu’Adieu Bientôt, encore classé 28e du Top 200 France, recèle encore d’une marge de progression des écoutes en streaming qui correspond à l’absence de clips après la sortie du projet…



➡ Récapitulatif des singles certifiés or, platine et diamant

Avec son dernier album en date Dans les yeux, Hornet La Frappe a stabilisé sa situation su la scène française après un Nous-Mêmes couronné de réussite qui mettait la barre haute pour la suite de sa carrière. Parmi les atouts du projet, un Taga produit par Baille Broliker (Mira de PNL, Zer de Booba) au sommet de sa forme. Mis en valeur par un clip signé Lokman Hundreds Films, le titre approche des 20 millions de vues sur YouTube et en conséquence figure parmi les plus écoutés du rappeur en streaming derrière Rolls. Du haut de ses 16 millions de streams sur la plateforme suédoise, Taga est l’une des clés de l’exploitation de Dans les yeux. C’est également une illustration supplémentaire de la complémentarité entre audio et vidéo, l’audio permettant de pressentir les titres qui seront par la suite mis en valeur en vidéo pour prolonger l’exploitation d’un projet sur la durée. C’est, en partie seulement, le cas de Rolls qui a pris le relai grâce à un clip sorti le 28 octobre et qui a déjà dépassé les 8 millions de vues sur YouTube, mais dont le succès était prévisible du fait de la présence de Lacrim.



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