Top 20 des meilleurs beatmakers français de 2018

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Le classement des beatmakers est avant tout l’occasion de mettre en avant le travail de ceux qui définissent les tendances musicales du rap français année après année. En 2018, on constate une recrudescence des albums communs entre rappeurs et beatmakers, voire d’albums entièrement réalisés par des beatmakers comme c’est déjà le cas depuis quelques années outre-Atlantique. C’est le signe que la mise en avant plus importante dont ces derniers bénéficient (notamment par le biais d’émissions spécialisées comme OKLM Focus, La Prod de Mouv’ et Hitmakr de Booska-P) leur permet de toucher directement une audience, constat on ne peut plus encourageant pour les années à venir.

🔟 Zeg P, une valeur montante aux compositions minimalistes et entrainantes

Une bonne partie des compositeurs les plus remarquables de 2018 gravitent autour d’Affranchis Music, le label de Capitol Music France affilié à Sofiane. C’est, entre autres, le cas de Zeg P qui ouvrira d’ailleurs la saison en produisant Longue vie, l’un des morceaux les plus mémorables du début d’année. Révélé au public lors de son passage dans Rentre dans le cercle, le compositeur qui s’était déjà fait remarquer l’année dernière en produisant une ribambelle de titres pour Sofiane, Chilla et Nov s’est définitivement imposé comme l’un des acteurs incontournables de la scène hexagonale !

C’est d’ailleurs cette année que Zeg P a réalisé la majeure partie de ses placements. Sofiane, plus que satisfaits de leur collaboration, lui a confié un rôle essentiel dans la conception de l’album Affranchis et notamment pour ses featurings avec Soolking et Heuss L’enfoiré. Il travaillera également sur Dans les yeux d’Hornet La Frappe (avec lequel il avait déjà planché lors de la sortie de Nous-mêmes), 93 EmpireLa fosse aux lions de Kalash Criminel et Fruit du démon de Soolking. Un palmarès impressionnant, et ce d’autant plus qu’à chacun de ces placements le beatmaker s’est illustré par sa capacité à créer des ambiances uniques grâce à des productions minimalistes mais entrainantes.

9️⃣ Junior Alaprod, le travail collectif comme source d’inspiration majeure

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En 2017, Junior Alaprod n’apparaissait qu’en vingtième position de notre classement des meilleurs beatmakers français. Son travail sur CDG de Benash, Spécial de Siboy et Tokooos de Fally Ipupa et bien évidemment sa participation à la composition de Mobali et Thibault Courtois n’étaient que le prélude d’une année 2018 plus riche encore. En se positionnant sur une grande partie des sorties majeures, Junior s’est imposé comme une véritable institution dans le paysage du rap français. Qualitativement, il est parvenu à trouver un univers bien reconnaissable, notamment grâce à sa collaboration avec Le Motif sur Pompe EP.

Côté placements, Junior Alaprod signe une année plus que solide puisqu’il compose ou participe à la composition de singles clés d’un certain nombre d’albums majeurs : Maria et Cartel pour Trop Chaud de Timal, Encore pour 19 d’MHD et bien sûr Idiote pour POLAK de PLK. Outre sa capacité à développer les sonorités idéales pour enrichir un projet, le producteur s’est démarqué par sa volonté de travail collectif (notamment via le regroupement Le Sommet). Fruit de ce travail acharné, il est parvenu à associer une véritable image de marque à son nom, en partie par le biais d’un passage dans La Sauce accompagné de son complice Pyroman (ETMG) et d’un portrait écrit publié par Yard.

8️⃣ Kore, une année marquée par la bande originale de Taxi 5 et la création du label AWA

Le vétéran de ce classement a fait de 2018 son meilleur cru depuis un bon bout de temps. Beatmaker mais surtout directeur artistique et réalisateur, Kore est parvenu à trouver un nouvel équilibre entre les différentes variables de sa production musicale et s’est impliqué dans des projets inattendus qui lui ont conféré un intérêt tout particulier. En premier lieu, c’est bien évidemment son rôle de réalisateur de la bande originale de Taxi 5 qui lui vaut cette position dans le classement puisqu’elle l’installe définitivement comme une référence pour cet exercice dans le rap hexagonal. A noter également l’énorme progression du résultat comparé à la bande originale de Pattaya sortie en 2016.

Le succès de la bande originale de Taxi 5 s’inscrit dans un mouvement plus général de gain d’intérêt du public pour ce format, en particulier aux Etats-Unis. Kore ambitionne de livrer 16 titres musicalement cohérents comme une synthèse du paysage rap francophone, mêlant artistes confirmés (Sam’s, Alonzo, L’Algérino, Ninho) et valeurs montantes (PLK, Zola, Marwa Loud). Autre défi de l’année pour Kore, celui de développer de nouveaux talents sur son label AWA ouvert en cours d’année chez Sony Music Entertainment France, en particulier Zola qui promet de connaitre un énorme succès dans les années à venir. Comme beatmaker, Kore s’est impliqué dans la conception de plusieurs gros projets de 2018 dont Mutant de Rim’K et Masque Blanc d’S.Pri Noir. Enfin, il a conclu l’année en sortant sur AWA un EP collaboratif réunissant Alkpote et son artiste Luv Resval, un essai prometteur qui augure de bonnes choses pour les mois à venir…

7️⃣ Guilty, le révélateur de potentiel le plus compétent du rap français

Plus que la composition de titres épars, Guilty affectionne comme beaucoup de beatmakers actuels le travail poussé avec un artiste sur un album en particulier. Dans cet exercice, le toulousain excelle tant et si bien qu’il a largement contribué à la réussite de JVLIVS, le dernier album d’SCH qui s’est placé en première position de notre classement des meilleurs albums de 2018. Son point fort ? Sa volonté de recherche permanente de nouvelles sonorités, associée à une touche musicale unique planante et pincée.

Cette musicalité unique, qu’un retrouvait déjà l’année dernière sur Femmes et ennemis de Numbers, Guilty l’a entretenue cette année en travaillant de manière approfondie avec Leto sur la mixtape Trap$tar. La moitié de PSO Thug a bénéficié dans son processus de construction d’une identité artistique propre de la direction éclairée d’un producteur habitué au travail avec des artistes à tout stade de leur carrière. A noter également sa participation à la conception de Woodstock, certainement le projet le plus abouti de Hooss. C’est cependant son rôle de réalisateur de JVLIVS qui lui vaut plus que tout cette septième position, le duo désormais réuni au sein du label Maison Baron Rouge a su produire un album cohérent de bout en bout à l’univers débordant d’images.

6️⃣ Heezy Lee, des mélodies uniques et un amour intact pour la musique

Le beatmaker et topliner originaire du Mans s’était déjà démarqué en produisant ou co-produisant certains des singles les plus écoutés des années précédentes, en particulier DKR et Friday de Booba, PMW de Shay ou encore Mobali de Siboy, Damso et Benash. En 2018, il l’a pas été en reste puisqu’il a travaillé sur Habitué de Dosseh, très certainement l’un des morceaux qui a le plus marqué l’esprit des auditeurs et qui a d’ailleurs propulsé Dosseh à un niveau tout à fait différent. Des têtes d’affiches aux artistes plus confidentiels, Heezy Lee est parvenu à apporter des mélodies toujours différentes et prenantes.

Outre Dosseh et l’album Vidalo$$a, Heezy Lee s’est attelé à abreuver le rap français d’instrumentales toutes plus efficaces les unes que les autres, d’Escort du marseillais YL (extrait de l’excellente mixtape Confidences) à Bonhomme de neige de Rim’K (co-produit par Josh Rosinet) en passant par les deux extraits dévoilés par Siboy. A noter également qu’Heezy Lee est l’un des rares noms du classement à s’être essayé lui-même à la chanson, l’année dernière avec Qu’est-ce qu’on s’aime et cette année avec Boomerang / Replay. Comme une manière de lever le voile sur ses influences et son parcours, il a accepté de se confier à Booska-P dans une interview de référence.

5️⃣ DIIAS, du rap à la composition sous la bannière d’Affranchis Music

Initialement rappeur originaire de Bejaïa, DIIAS s’est mis à la composition pour disposez à volonté d’instrumentales de première main, une décision qui changera définitivement le cours de sa carrière puisqu’elle finira par devenir son coeur d’activité. Associé à Affranchis Music et particulièrement impliqué dans la compilation 93 Empire, le producteur a fait connaitre son nom grâce au succès de Woah, banger explosif qui a largement contribué au succès du projet. C’est d’ailleurs cette instrumentale qui lui a valu un passage dans l’émission La Prod de Mouv’ dans laquelle il a décortiqué son processus créatif.

L’envers de cette médaille, c’est un travail de fond très fourni avec des dizaines de productions placées tout au cours de l’année dans la majorité des sorties affiliées à Affranchis Music. En particulier, DIIAS a collaboré très étroitement avec Soolking pour qui il a produit Vroom VroomDalida et Guerilla entre autres. Sur 93 Empire, il a également travaillé sur Sur le drapeau de Sofiane et NTM et Empire de Kaaris et Sofiane, deux morceaux phares de l’exploitation du projet. Enfin, on le retrouve aussi derrière Pilon jaune et Boboch L’Abreu de Sifax et Madara de Médine, extrait de l’album Storyteller. La diversité de ses choix de production et son talent pour la création d’instrumentales explosives font de DIIAS un élément clé de l’écurie Affranchis, qui a autant contribué à sa croissance qu’il en a profité.

4️⃣ Double X, une image de marque solide et soigneusement entretenue

Après l’effort, le réconfort pourrait-on dire. Classés en seconde position de notre classement de l’année dernière, les beatmakers les plus mystérieux du rap français avaient réalisé un travail de production à la fois couronné de succès commercialement et acclamé par la critique. Désormais bien en place, le duo est parvenu à faire de son nom une véritable marque de fabrique, gage de qualité et de réussite pour les rappeurs. Les deux producteurs se classent d’ailleurs haut la main dans les cinq beatmakers de l’année pour la deuxième fois consécutive.

En début d’année, le tag de Double X résonne sur Vatos Low Cost de Lartiste, avec lequel ils avaient déjà entamé une collaboration de longue date, avant de devenir omniprésent sur Loud, premier album de Marwa Loud. Assurément, le duo de beatmakers a joué un rôle majeur dans la réalisation de ce projet à succès qui a convaincu une large part du public. Par la suite, ils participeront à la conception de Ceinture Noire de Maître Gims, MILS 2.0 de Ninho, Trop Chaud de Timal, Masque Blanc d’S.Pri Noir, Nakamura d’Aya Nakamura, La fosse aux lions de Kalash Criminel, Pure de Maes et Lithopédion de Damso (avec qui ils avaient déjà travaillé de manière approfondie sur Ipséité). A souligner également leur implication dans la composition de l’excellent projet des Alchimistes Antisocial.

3️⃣ Seezy, quand le jumeau maléfique de Vald s’ouvre à de nouveaux horizons

Difficile de parler de l’année 2018 sans évoquer la situation de Seezy. Le beatmaker originaire d’Evry (91) avait déjà à son actif un parcours très riche, notamment du fait de sa collaboration soutenue avec Vald. C’est cette collaboration qui lui vaut cette fois de produire Désaccordé, le single le plus écouté de l’année sur les plateformes de streaming. Outre cet énorme succès, Seezy s’est impliqué de manière soutenue dans la réalisation de Xeu de Vald, plus gros succès commercial du rappeur à ce jour, puis de NQNT33. Il est également intervenu dans la composition d’une partie des titres d’Affranchis de Sofiane, d’Adieu bientôt de Columbine et de Confidences d’YL.

C’est aussi par son travail de réalisation de Personnalité suspecte vol. 1 de Sniper que Seezy s’est démarqué en 2018. Placé en-dehors de sa zone de confort, le beatmaker s’est trouvé confronté à de nouveaux défis dans son travail avec un groupe légendaire du rap français dont il souhaitait actualiser l’approche musicale sans trahir l’ADN original. Le résultat, c’est un projet très cohérent, un retour réussi pour Sniper qui doit beaucoup à l’implication de Seezy. Outre ses talents de compositeur, Seezy s’est montré soucieux de son image publique et est parvenu à développer sa notoriété par le biais d’une interview croisée dans l’ABCDR du Son puis dans La Sauce, d’un portrait pour Rapelite et d’un épisode de Hitmakr pour Booska-P.

2️⃣ BBP, la compréhension comme clé d’interaction avec l’interprète

A l’inverse de Seezy et à l’image de ses compagnons de label PNL, BBP a fait le choix de se concentrer sur la musique et de rester dans l’ombre autant que possible, sans vraiment se soucier de son image publique. Cette année, son omniprésence et la qualité de son travail ont pourtant fait de lui l’une des étoiles les plus brillantes de la scène rap française. Sa couleur de production à la fois effacée et puissante lui a valu de participer à un grand nombre de projets à succès, mais c’est avant tout son travail sur Bendero de Moha La Squale et Dans les yeux d’Hornet La Frappe qui lui valent cette seconde place.

BBP a démontré aux côtés de Timal puis de Moha La Squale sa capacité à accompagner le développement d’un artiste. Sa principale force réside dans l’analyse de l’univers musical d’un rappeur, qui lui permet de produire des instrumentales à la fois pleines de personnalité et suffisamment effacées pour laisser la part belle à l’interprète. Dans le making-off de La 6 de Timal réalisé par Daymolition, l’une de ses rares apparitions publiques, le beatmaker signé sur le label QLF révèle avoir été influencé par J.Cole et son entourage, qu’il a eu l’occasion de fréquenter lors d’une année passée outre-Atlantique.

1️⃣ Ikaz Boi, le beatmaker le plus passionnant de l’hexagone en 2018 ?

Avec Myth Syzer et Junior Alaprod, il est l’un des quelques noms de ce classement qui se sont aventurés à réaliser leurs propres projets. Pour Ikaz Boi, il s’agit de Brutal, un premier album puissant sur lequel on retrouve certains de ses artistes les plus proches (13 Block et Ateyaba), mais aussi les montreuillois de TripleGo. L’ensemble est cohérent, étonnant dans sa composition et son agencement, et trahit la forte volonté créative d’Ikaz Boi. Cette volonté, on la retrouve tout au long de l’année dans les projets dans la conception desquels il a fait le choix de s’impliquer.

Le point d’orgue de ce travail, c’est bien évidemment son album commun avec 13 Block. C’est d’ailleurs l’un des rares producteurs français a travailler sur ce modèle importé des Etats-Unis. Avec Triple S, Ikaz Boi transpose également au quatuor sevranais les sonorités trap vaporeuses en vogue à Atlanta, ce qui en fait de ce point de vue l’un des projets les plus aboutis de l’année. Il parvient d’ailleurs à placer une instrumentale sur Quavo Huncho, le solo de Quavo, sur laquelle ce dernier invitera Travis Scott ! A noter aussi un travail plus ponctuel mais très pertinent sur les projets de Damso et Veerus. Son statut de producteur le plus passionnant de l’hexagone en 2018 est consacré par des entretiens accordé aux Inrocks et à Interlude.

➡️ Découvrez le classement complet des 20 meilleurs beatmakers de 2018

  1. Ikaz Boi
  2. BBP
  3. Seezy
  4. Double X
  5. DIIAS
  6. Heezy Lee
  7. Guilty (Katrina Squad)
  8. Kore
  9. Junior Alaprod
  10. Zeg P
  11. Pyroman
  12. Myth Syzer
  13. Bersa
  14. Tommy Beats
  15. Le Motif
  16. Ponko
  17. Doubtless
  18. Josh Rosinet
  19. Yann Dakta & Rednose
  20. Biggie Jo

Top 20 des meilleurs beatmakers de 2017

Une pensée sur “Top 20 des meilleurs beatmakers français de 2018

  1. Sans blague il est où prodbyslam? Le gars qui a produit asap rocky feat chief keef SUPERHEROES, soolking, elams, fianso, alrima, dtf et jen passe

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