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Samedi 19, Nicki Minaj était invitée par NBC à la très populaire émission Saturday Night Live, où elle a interprété le titre Chun Li extrait de son album à venir Queen. Ce morceau rend hommage au premier personnage féminin du jeu vidéo Street Fighter, personnage auquel la rappeuse était déjà comparée en 2011 sur le titre Fireball. La mise en scène du plateau a rapidement interpellé le public américain, entre le décor aux allures de pavillon chinois, les danseurs et leurs chapeaux traditionnels d’Asie du Sud-Est et le costume traditionnel japonais de Nicki. Ce micmac orientaliste a rapidement été qualifié d’appropriation culturelle par les internautes, comble de l’ironie puisque la rappeuse avait dénoncé cette pratique dans la mode dans un discours à la New York Fashion Week 2017. Nicki Minaj a intégré de longue date des éléments asiatiques à son univers musical et visuel, à commencer par le « Chopstick Bun » dont elle a fait sa marque de fabrique depuis 2007 et le morceau Sticks In My Bun. Dans le hit Your Love, on retrouve également la fameuse phrase : « When I was a Geisha he was a Samurai / Somehow I understood him when he spoke Thai ».

Selon la rappeuse, ces références à diverses cultures asiatiques sont des hommages à son propre patrimoine culturel, celui d’une famille originaire d’Inde et d’un arrière grand-père japonais. Il n’en demeure pas moins que les emprunts de Nicki tendent frôler caricature orientaliste. Pour autant, peut-on vraiment parler d’appropriation culturelle ? Ce concept un peu flou semble regrouper sous une même bannière différents problèmes très concrets, des atteintes au droit d’auteur aux confusions culturelles récurrentes de certains artistes. D’un autre côté, la notion d’appropriation culturelle implique une possession de la culture aux contours mal définis et aux implications dangereuses. Un artiste n’aurait pas le droit d’emprunter à une culture qu’il apprécie un élément visuel ou sonore ? Ce sont des mélanges culturels qui ont pourtant donné naissance ou construit de nombreux pans de la musique et notamment du rap tel qu’on le connait aujourd’hui. Peut-être serait-il plus pertinent d’encourager les artistes à ne plus tomber dans le piège du cliché exotiste et de ses connotations racistes ?

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