Les Pays-Bas sont-ils le nouveau terrain de chasse du rap français ?

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D’après les données du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), les musiques urbaines sont devenues en 2018 le genre dans lequel la part de la production française dans le Top 200 est la plus importante. En clair, le rap et les tendances musicales associées contribuent depuis quelques années au renforcement de la portée de la musique française dans l’hexagone. Mieux, il semblerait qu’il soit sur le point de s’ouvrir à une audience internationale de plus en plus importante, notamment en Europe, comme semblent le confirmer ses récents succès aux Pays-Bas.

La semaine dernière, nous apprenions qu’Aya Nakamura avait réussi avec son hit Djadja à se hisser à la première place des charts néerlandais, tout en étant le morceau le plus Shazam du pays. Cela prouve que la barrière de la langue n’est désormais plus un frein, la performance d’Aya n’avait jusqu’alors été réalisée que par l’icône de la musique française Edith Piaf, en 1961. Une autre annonce vient conforter cette tendance, celle de l’obtention d’un disque d’or aux Pays-Bas par MHD, soit un total de 25.000 ventes. Force est de constater que le type d’artistes et de morceaux ayant du succès côté hollandais entretient de nombreux points communs artistiques, notamment sur la musicalité très forte, prenant parfois le dessus sur les paroles. Ce qui remet légèrement en cause la réalisation historique de la musique française, où le texte primait sur l’ensemble des paramètres, montrant que le rap s’impose avec ses propres codes artistiques, sans concession. En parallèle, des artistes francophones ont également été conviés au festival « Woo Hah » qui se tenait du 30 juin au 1e juillet à Hilvarenbeek, en particulier MHD et Roméo Elvis. Ces derniers ont ainsi fait partie d’un line-up éclectique où les américains étaient les têtes d’affiches (Gucci Mane, Travis Scott, Post Malone, Mac Miller…), mais où de nombreux rappeurs européens étaient conviés, à l’instar des anglais, Sotrmzy, Skepta, mais également des rappeurs locaux Hollandais, prouvant que les liens se renforcent de jour en jour sur le marché rap européen.

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Timal symbolise d’ailleurs parfaitement ce tissage de liens, en effet au début du mois, le rappeur originaire de Champs-sur-Marne a décidé de remixer le hit néerlandais 4x Durer de SBMG et Lil Kleine, dont le clip a été partiellement tourné à Paris. Cet échange de bons procédés permet également de montrer qu’il y a une scène rap en Hollande, qui fonctionne localement et réussit à se faire connaître sur YouTube, laissant penser qu’elle pourrait faire davantage de bruit dans les années à venir, grâce à son identité musicale atypique. L’Algérino est également très présent sur ce créneau des collaborations internationales, notamment grâce à son titre Hola en collaboration avec le hollandais Boef, sur son dernier album International. Le rappeur Marseillais a toujours fait part de son envie de s’exporter au maximum en dehors des contrées hexagonales, et une fois de plus, le succès a été au rendez-vous car le titre a dépassé les 10 millions de vues, tout en renforçant sa notoriété à l’étranger. D’ailleurs, L’Algérino s’était produit à l’une des cérémonies musicales les plus importantes des Pays-Bas au début du mois de mai, les FUNX Awards (organisés par la radio la plus importante du pays). En parallèle, il avait également confié avoir un public conséquent du côté de la Hollande, ce qui visiblement n’est pas surprenant et montre que le rap français est véritablement en train de dépasser les frontières.

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