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Il faut remonter au mois de Novembre 2016 afin de trouver les premières traces de cette collaboration entre les deux rappeurs du 93. En effet, Kaaris avait invité Dorsaux à freestyler lors de son Planète Rap, laissant d’ores et déjà planer l’éventualité d’un featuring.

Quelques mois plus tard, Dorsaux, rappeur originaire de Pantin, sort sa mixtape nommée «De l’ombre à la lumière» (disponible sur toutes les plateformes de streaming), contenant ce fameux morceau avec le rappeur de Sevran, qui est le troisième extrait du projet.

Sobrement intitulé «Napoléon», cette collaboration, qui pourrait avoir des odeurs de 2015 par rapport à la production, s’avère être un excellent morceau. Ce dernier est truffé de références aux anciens sons de Kaaris et l’adaptation millimétrée à la production de la part des 2 rappeurs du 93 fait que la production passe au second plan, bien derrière leurs couplets. Certains disent qu’une production fait 70% du morceau, Dorsaux et Kaaris ont réussi à inverser ce rapport.

« Pas d’remède, pas b’soin d’aide, j’suis un self-made/Arrivé du bled, on a brisé nos chaînes comme Andromède », ces deux phases prononcées par le rappeur de Sevran pourraient paraître anodines mais en remontant dans le temps, sur l’introduction «Ram Muay» de son premier véritable projet «Z.E.R.O», Kaaris rappait une phase similaire «Pas de remède avec les mêmes chaînes qu’Andromède». Bien loin d’un plagiat ou une absence de réflexion, Kaaris a surtout voulu faire un clin d’oeil à sa carrière passée, en montrant qu’il était le patron de la trap française depuis 2012. L’impérialisme de Napoléon était similaire à celui de K2A sur cette même trap française.

Dorsaux dissémine également quelques références à des sons plus anciens de Kaaris, c’est à la fois surprenant et rafraîchissant de voir que le rappeur de Pantin se prête au jeu quand on connaît l’égo surdimensionné de nombreux rappeurs.

«La question que j’me pose, qu’est ce que j’dois faire de ces fanfarons?»

En référence à la phase de Kaaris dans «Kalash» «La question que j’me pose, qu’est-ce que je vais faire de tous ces deniers?» , sauf que celle de Dorsaux est transformée et adaptée. D’ailleurs en proposant un contenu adapté et sortant des sentiers battus, un son qui pouvait s’annoncer banal devient unique et intemporel.

«Si j’te pète le coccyx, où se placera ton fémur ?»

Seconde référence à Kaaris «Si je te fends le crâne en deux, quel oeil va se fermer le premier?» , au moins cette fois-ci, Dorsaux a pu vouloir privilégier la violence sexuelle plutôt que la violence physique, ce qui est tout à son honneur. La connexion Pantin-Sevran est une franche réussite car ils se mettent au service du son plutôt qu’établir une quelconque compétition, ce qui est rare pour être souligné en 2017. Inutile de préciser que les deux rappeurs exercent sur leur terrain de jeu favori, avec une production simple, issue d’une tendance déjà dépassée.

En attendant, nous vous conseillons vivement de jeter un oeil à la mixtape « De l’ombre à la lumière » de Dorsaux, qui est un condensé de son style froid, bourrin, potache par moment mais surtout très divertissant.

Quant à Kaaris, nous attendons de voir la suite, entre son excellent couplet ici et celui sur sa collaboration avec Samat. Nous savons que K2A cherche à se renouveler continuellement, ira-t-il vers un retour aux fondamentaux après une parenthèse plus musicale avec OG? La question mérite d’être posée.

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