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Depuis 2015 et son apparition sur la Boulangerie Française Volume 1, avec le morceau Goûter, Biffty n’a jamais quitté DJ Weedim, qui est devenu son producteur, et surtout l’élément essentiel dans le développement de sa carrière. Durant ce laps de temps écoulé entre 2015 et 2018, DJ Weedim et Biffty ont écumé de nombreuses salles de concert françaises, cet exercice scénique semble d’ailleurs être devenu l’une des spécialités de l’artiste originaire de Neuilly-Plaisance. Après avoir rôdé toutes les scènes de France, sorti des projets en format court, les deux comparses ont décidé de ne pas changer l’équipe qui gagne en dévoilant le premier album de Biffty, intitulé La Potence. Surprenant, énergique, et efficace, cet opus lui a permis d’affiner son style à mi-chemin entre le punk et le rap, à l’instar de certains rappeurs américains en vogue. Hip-Hop Reverse est donc parti à la rencontre du rappeur du 93 afin de revenir sur son état d’esprit, son actualité chaude et décrypter son personnage !

Interview détente de Julius et Biffty – “Si on avait envie, on pourrait sortir un son par semaine”

HHR : Biffty comment vas-tu ?

Biffty : Super et  toi ?

HHR : Super merci ! Tout se passe bien pour toi en ce moment entre la sortie du disque et les tournées ?

Biffty : C’est la tournée, on a sorti l’album y’a deux semaines , là on revient de Marseille pour la tournée. Ensuite on fait les Solidays, et c’est reparti les Francofolies, Dour, toutes sortes de festivals incroyables.

HHR : C’est paradoxal de voir que t’enchaînes les tournées, t’as une communauté fidèle, sachant que cela fait trois ans que t’es dans le rap français, avec un style atypique…

Biffty : Finalement trois ans, cela commence à devenir un certain âge dans le rap français, et même pour par mal de rappeurs. En vrai, ça fait longtemps que je suis là, si on regarde la longévité de carrière des artistes. Après faut relativiser, je dirais pas que je suis ancien dans le rap, mais ça dépend avec qui tu traînes, si tu traînes avec des vieux, tu seras pas un ancien.

HHR : D’ailleurs tu penses être rentré dans le rap français à partir de quel moment ?

Biffty : Je pense que celui qui a le mieux fonctionné et m’a donné le plus d’exposition, c’est Roule un Boze, après en vrai le son qui m’a fait décoller, ça reste Souyon puisque ce titre était mon deuxième titre, et c’est celui-ci qui m’a permis de me faire connaître.

HHR : Durant ta carrière, t’as collaboré avec du monde, Iron Sy, Alkpote, Vald, Nusky et d’autres, tu fais attention à tes featuring où t’es plutôt dans l’esprit de ne jamais dire non ?

Biffty : Je fais des featurings avec les mecs que j’aime bien et qui sont opérationnels au moment venu, on se prend pas trop la tête là-dessus. Après, je les connais tous personnellement les mecs avec qui je collabore, donc normalement j’aime bien la vibe humaine et artistique, ça va ensemble généralement. Finalement, mes collaborations étaient avec les mecs avec qui je traînais à une époque donnée.

HHR : D’ailleurs Weedim t’accompagne depuis tes débuts, c’est indispensable qu’il soit à tes côtés afin de t’aider artistiquement ?

Biffty : Je pense, sinon on aurait jamais sorti de projets. En fait, j’ai fait très peu de musique ailleurs qu’avec lui, à part sur certains morceaux comme Pigeon Bleu par exemple, mais je pense qu’il y a une patte Weedim dans ma musique. Il y a une influence qui vient de lui, naturellement. Sur mon projet, Weedim a eu un rôle de producteur général, on va dire, je sais pas si c’est le terme exact.

HHR : Vous avez appelé l’album La Potence, ça fait référence à un outil violent, un truc de pendaison, et pourtant en dernier single avant la sortie de l’album, t’as envoyé Mon Petit Pote, tu voulais que le public comprenne que t’as pris des risques artistiques sur ce projet ?

Biffty : Des risques artistiques, je suis pas sûr. Après il y a plein de gens qui disent « oh c’est nouveau, Biffty fait autre chose », mais je pense qu’on s’est surtout pas posés de questions, de savoir si c’était différent. Personnellement, je m’en étais pas rendu compte que ça pouvait être différent jusqu’à ce qu’on le sorte et que les journalistes se le prennent. Mais avec le recul, ça change de notre musique habituelle, c’est vrai. Si les gens apprécient, c’est l’essentiel finalement. Un clip différent, un univers différent, c’est intense, et ça plaît. Même sur l’album, je pense que ça change un peu sur certains morceaux.

HHR : Au final, tu prépares cet album depuis combien de temps ?

Biffty : Octobre, Novembre 2017, dans ces eaux-là.

HHR : En écoutant cet album, on a l’impression que certains morceaux sont faits pour la scène, t’as pensé justement au rendu qu’auront tes morceaux une fois joués sur scène ?

Biffty : Les plus violents comme Gros Bisous, Festival, Prince du Tanchaiz, on a pas entendu que l’album sorte pour les jouer, on le fait déjà depuis deux mois à peu près. C’est fait pour la scène, on donne tout ce qu’on a et le public le rend bien, mais Festival, un truc se passe sur ce morceau. C’est la super violence.

HHR : Quel objectif tu souhaites atteindre avec ce projet ?

Biffty : J’en ai aucun, je m’en fous, je veux juste aller faire de la scène, rapper et fumer de la beuh. Si on fume pas, on peut s’énerver.

HHR : D’ailleurs La semaine dernière, vous avez également organisé la deuxième édition de votre festival, à savoir le Souyefest, ce serait quoi le souvenir le plus marquant de cet évènement si tu ne devais en retenir qu’un ?

Biffty : Oh putain, alors il y a Julius à moitié nu dans la boue, mais j’étais pas là, donc ça peut pas être l’un de mes souvenirs. Le souvenir le plus marquant, c’était une petite meuf qui est partie, qui est tombée dans le mal, les pompiers sont venus la chercher et le père est venu râler. Il y a le boze de 50 grammes de beuh, je me souviens de beaucoup de boue. En fait, c’est beaucoup d’évènements en très peu de temps. Beaucoup de potes qui sont passés aussi, Sadek, Isha, entre autres. Il y a aussi un bénévole qui s’est ouvert le crâne en tombant, il a raté une marche et il s’est ramassé. Sinon c’était super, c’était génial!

HHR : L’objectif sera de faire vivre le projet avec les festivals du coup ?

Biffty : C’est déjà ce qui se passe en vrai, on fait vivre le projet sur scène, on kiffe à mort et surtout on fait la fête. Le public nous donne des bons retours sur les concerts, en nous disant que ça tue et beaucoup de gens nous découvrent sur scène. C’est la première année où on fait des festivals, j’avoue que ça fonctionne bien et on est doués pour faire turn-up le public.

HHR : Pour finir, est-ce qu’il y a une question qu’on ne t’a pas posée et tu aurais aimé qu’on la pose ?

Biffty : Je suis pas très question, j’aime pas trop qu’on m’en pose de base. Les interviews, c’est pas forcément un kiff, mais du coup une question à me poser, t’aurais pu me demander mon restaurant préféré.

HHR : Je t’écoute !

Biffty : J’en ai peut-être plusieurs mais La cuisine de Nour à Marseille, un restaurant égyptien c’est super lourd. Il y a Xavier Pincemin aussi à Paris, qui est un excellent cuisinier, et dont j’adore la cuisine.


De retour en cuisine en cette année 2018, DJ Weedim a d’ores et déjà sorti deux projets entre sa deuxième édition de la Boulangerie Française, et donc La Potence, avec Biffty. Une fois de plus, Weedim a endossé le rôle de producteur exécutif sur ce projet d’un des artistes les plus atypiques du rap français. Comme à son habitude, ce même Weedim a décidé d’amener sa touche musicale propre sur La Potence, sans dénaturer l’univers de Biffty bien au contraire, puisqu’il n’a jamais été aussi bien exploité. En effet, l’artiste du 93 s’est aventuré sur des terrains musicaux, sur lesquels le public ne l’attendait pas et force est de constater qu’il s’agit d’une réussite. Retour sur un entretien avec cet homme aux différentes casquettes ayant grandement participé à ce projet OVNI.

DJ Weedim parle de ses projets et de sa relation avec Vald et Alkpote

HHR : Weedim , on se revoit 1 mois après notre dernière interview, comment vas-tu depuis la dernière fois ?

Weedim :  Ca va super hein, même lieu même position rien ne bouge… A part la beuh !

HHR : Au début, quand t’as commencé à travailler avec Biffty, est-ce que tu considérais que c’était un pari ?

Weedim : T’es jamais sûr de rien dans la vie, c’est en faisant que tu te rends compte des choses.

HHR : Une fois de plus, t’as endossé la casquette de réalisateur, quelle est la chose dont tu serais le plus fier sur ce projet ?

Weedim : Je dirai la cohérence. On a voulu faire un truc plus large avec un son reggae, un son un peu plus rock, un peu disco/70’s et beaucoup de gens ont remarqué cette direction artistique, c’est cool.

HHR : D’ailleurs on pourrait qualifier La Potence d’album réalisé en commun, c’était voulu que vos deux noms soient associés au projet, sur un pied d’égalité ?

Weedim : Oui évidemment , on fait le job à deux, sur scène on est deux parce que je me contente pas de « juste envoyer les sons ». Finalement cet album c’est celui d’un groupe, celui de Biffty et DJ Weedim en quelque sorte.

HHR : Si tu devais mettre en avant un morceau de La Potence, ce serait lequel ?

Weedim : Celui que je préfère ? je dirai Planète. Ce morceau c’est le summum de l’extrême violence, mais il y en a pleins d’autres comme par exemple Festival qu’on a conçu spécialement pour ces évènements, et à chaque fois qu’on le joue c’est vraiment l’explosion totale, le grand n’importe quoi.

HHR : Avec Biffty, on pourrait dire que la finalité de votre musique est totalement liée la scène, tu serais d’accord pour dire ça ?

Weedim : Ouais, je suis content du travail qu’on fait en studio mais c’est vrai que sur scène on a un truc en plus ou du moins notre truc, que les gens s’en rendent compte et que surtout ils en redemandent. J’trouve ça très hip-hop au final.

HHR : C’est toi qui as décidé vers quels univers artistiques s’orienter ou tu t’adaptais à la manière de travailler de Biffty ?

Weedim : Bah c’est évident que s’il aime pas quelque chose, on le fait pas. C’est lui qui rappe ! Mais je sais comment il bosse et lui aussi. Chacun propose des trucs et en 15 minutes tu sais si ça va te plaire ou pas, j’aime pas passer plusieurs heures sur un son.

HHR : Quelle a été la principale difficulté sur la réalisation de ce projet ?

Weeedim : Hmmm… Ramener biffty au studio. (Biffty rigole et hoche la tête)

HHR : Boulangerie Française et la Potence, deux projets en 6 mois, tu prévois quoi d’autres pour 2018 ?

Weedim : Deux projets en physique mais y’en a eu d’autres en digital aussi. Là, il y a 2cheesemilkshake le deuxième EP qui va arriver, 6rano qui sort un EP 10 titres au mois de juillet et à la rentrée il y aura encore d’autres choses. J’en dis pas plus mais d’ici décembre, d’autres trucs vont arriver.

HHR : Si vous aviez eu un budget illimité, qui auriez-vous ramené sur le projet ?

Weedim : Gucci Mane, Project Pat, Juicy J… Que des cainrys !

HHR : Vous avez sorti le projet mais vous travaillez probablement déjà sur autre chose, quelles sont ces choses ?

Weedim : Pour l’instant non, dabord on va aller conquérir toutes les scènes de France et defendre le projet puis on retournera en studio pour passer à autre chose tout simplement, c’est une continuité.

HHR : Un mot de la fin ?

Weedim : La beuh est bonne !

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